mercredi 3 juin 2026

Après le jugement. « 17 années auprès des familles des victimes pour faire éclater la vérité » par Gérard ARNOUX.

 

AF 447 « le Rio-Paris ne répond plus »

Le titre de mon ouvrage publié chez l’Harmattan 10 années après le crash.

C’était dans la nuit du premier juin 2009 quand l’avion a soudainement décroché en 50 secondes avant de plonger dans l’océan pour reposer avec une partie de ses passagers et membres d’équipage dans les profondeurs glacées de la dorsale Atlantique par 4000 m de fond. Un destin en bien des points similaires à celui du Titanic.

Une sépulture, soi-disant introuvable, inviolée pendant près de deux ans alors que nous l’avions rapidement localisée à 7km près. Position dûment communiquée au BEA qui cherchait obstinément à 180 km de là après des calculs de Shadocks avec l’assistance du sous-marin nucléaire « l’Émeraude » et du navire de l’Ifremer « Le Pourquoi pas », tous deux sur zone.

C’est une équipe américaine qui l’a cherchée et trouvée en une semaine, la où il était évident de le faire et là où nous l’avions située.

La justice a enfin tranché : compte tenu des circonstances, énumérées dans un jugement de plus de 500 pages, après 2 expertises judiciaires, statuant, je cite la Juge :

« les pilotes n’ont commis ni erreurs, ni fautes ».

Pendant 17 ans, les pilotes du Rio-Paris ont été accusés.

Pendant 17 ans, leur mémoire a été salie.

Pendant 17 ans, ils ont porté sans pouvoir se défendre, la responsabilité d'un drame dont la justice vient aujourd'hui de les décharger en condamnant Airbus et AF pour homicides involontaires (228 victimes) en raison de manquements à leurs obligations de sécurité.

Pendant 17 ans nous les avons opiniâtrement défendus alors que l’opinion publique était abusée par les médias et des journalistes à la déontologie douteuse téléguidés par Airbus (Otelli, Fabrice Amedeo, François Nenin, El Globo en particulier). A l’exception notable du JDD du 4 Octobre 2009 sous la plume de Yan Philippin, un véritable journaliste d’investigation. Mais encore de quelques autres en particulier en Allemagne (ARD,Suddeutsche Zeitung). Les syndicats, quant à eux, au service minimum.

Les pilotes étaient les boucs émissaires idéaux qui arrangeaient tous les protagonistes (à l’exception de AF qui les a toujours défendus), y compris les autorités de tutelle (DGAC et EASA laxistes) et le BEA qui n’avait pas enquêté en temps utile pour prévenir l’accident.

Le dossier, lui, est beaucoup plus complexe que les thèses simplistes des médias aux ordres alors que le drame était tout à fait prévisible.

C’est la raison de la condamnation. « Le Crash qui n’aurait pas du arriver » parce que prévisible, justement.

Les 225 000 euros sont bien peu de chose ; aux États Unis ce serait plutôt 2,5 milliards de dollars d’amende.

Pourquoi a-il fallu si longtemps pour retrouver l’épave ?

Que révèlent réellement les données du vol ?
Que pouvaient faire les pilotes dans les conditions extrêmement complexes auxquelles ils ont été confrontés ?


C’est ce que nous nous sommes efforcés d’élucider Henri Marnet Cornus et moi-même dès les premières semaines. Nous avons été rejoints par une solide équipe d’experts, un informaticien : Laurent L. et des commandants de bord : Patrick L, Alain L. Catherine H, Jean D. certains instructeurs, d’autres experts en gestion des risques, d’autres en accidents aériens dont la contribution a été déterminante pour éclairer Avocats, Procureurs et Magistrats.

À travers notre analyse technique et judiciaire approfondie, nous avons remis en perspective l'affaire du Rio-Paris et les accusations portées contre l'équipage.

Un livre destiné à tous ceux qui veulent comprendre les faits derrière les ombres et dont l’essentiel du contenu approuvé par la majorité des Parties Civiles, à titre principal l’association « Entraide et Solidarité » et l’association Brésilienne
dont je suis le porte parole, vient d’être validé par la Justice.

Le pourvoi en cassation est une indignité de plus, peu surprenante de la part de Airbus toujours dans le déni et le mépris des victimes, mais incompréhensible de la part de AF malgré les contorsions embarrassées du Directeur des Opérations Aériennes, n’est-ce pas Madame Rigall et Monsieur Smith, vous à qui le livre a été remis en mains propres ?!

Mais quoiqu’il en soit la Cour de cassation ne jugera que la forme de la procédure pénale sans remettre en question les faits clairement établis .

Gérard Arnoux

- Ex commandant de bord AF

- Représentant d’organisations professionnelles de pilotes et de personnels de cabine dans l’instruction judiciaire AF447,

- Représentant des pilotes dans les procès du Mont St Odile et du Concorde.

- Conseiller technique bénévole de toutes les associations de victimes Françaises d’accidents aériens dans le monde depuis 2007.

- Conseiller de l’association Entraide et Solidarité  

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